Relance facture impayée : Le protocole pour créanciers B2B
RELANCE FACTURES — PROTOCOLE B2B
J+7
Relance amiable
si sans effet
J+30
Mise en demeure
si toujours dû
J+60
Contentieux injonction
La relance d'une facture impayée suit un protocole en trois à quatre étapes: relance amiable (J+7), deuxième relance (J+15), mise en demeure (J+30), puis recouvrement contentieux via injonction de payer ou assignation. Intérêts légaux majorés (BCE + 10 points) et indemnité forfaitaire de 40 € s'appliquent de plein droit en B2B.
Relance facture impayée: Le protocole pour créanciers B2B
La relance d'une facture impayée est la procédure par laquelle un créancier rappelle au débiteur son obligation de paiement. C'est la première étape du recouvrement, celle où la majorité des retards de paiement se résolvent sans conflit. Un créancier B2B qui applique un protocole de relance discipliné recouvre typiquement 70 à 80% des factures impayées dans le cadre amiable, avant toute action contentieuse.
Synthèse rapide
Étape
Délai depuis échéance
Ton
Éléments financiers
Relance 1 (amiable)
J+7 à J+10
Courtois, simple rappel
Montant principal
Relance 2 (rappel)
J+15 à J+20
Professionnel, ferme
Principal + intérêts en cours
Mise en demeure
J+30 à J+45
Formel, injonctif
Principal + intérêts + 40 € forfaitaire
Recouvrement contentieux
J+60 à J+90
Via avocat ou huissier
Injonction de payer ou assignation
J+7Relance 1Courtois — rappel simple et factuel
J+30Mise en demeureRecommandé AR — formel et injonctif
BCE+10ppIntérêt légalArt. L. 441-10 — automatique dès échéance
40 €Indemnité forfaitPar facture impayée, de plein droit
74%Protocole disciplinévs 52% sans protocole — écart de 22pts
Étape 1: La relance amiable à J+7
La première relance est envoyée 7 à 10 jours après la date d'échéance. Son objectif est de rappeler, au cas où le retard résulte d'un simple oubli ou d'un problème administratif. Le ton reste courtois. Contenu essentiel: référence à la facture (numéro, date, montant), rappel de la date d'échéance passée, demande de paiement sous 7 à 10 jours supplémentaires, et proposition d'un contact pour toute question. À ce stade, il est prématuré d'invoquer les intérêts légaux majorés.
Étape 2: La relance écrite à J+15
Si la première relance reste sans effet, une seconde relance intervient 15 à 20 jours après l'échéance. Le ton devient plus ferme. C'est à ce stade que les intérêts et l'indemnité forfaitaire doivent être mentionnés. Exemple de calcul: taux légal majoré de 10 points (art. L. 441-10 C. com.) s'applique depuis le lendemain de l'échéance. Pour 12 450 € à 12,4% sur 30 jours: intérêts 127 € + indemnité 40 € = total dû 12 617 €.
Étape 3: La mise en demeure à J+30
La mise en demeure est l'acte formel qui cristallise le retard dans la sphère juridique. Elle doit: être adressée en recommandé avec accusé de réception, identifier précisément la créance, fixer un délai impératif (8 à 15 jours), annoncer explicitement les conséquences du non-paiement (injonction de payer, cabinet de recouvrement), et inclure les intérêts et l'indemnité forfaitaire. Conservez l'accusé de réception et une copie du courrier.
Prouver le droit: les intérêts et l'indemnité forfaitaire
L'article L. 441-10 du Code de commerce prévoit que les sommes dues portent intérêt au taux de la BCE majoré de 10 points dès le lendemain de la date d'échéance, sans mise en demeure. Une indemnité forfaitaire de 40 € s'ajoute pour chaque facture payée en retard, de plein droit. Pour un portefeuille de 100 factures impayées par an, l'indemnité forfaitaire représente 4 000 € que le créancier peut légalement réclamer. Nombre de créanciers omettent de la facturer — c'est un droit absurde à ne pas utiliser.
Étape 4: Le basculement au contentieux
Si la mise en demeure reste sans effet, deux options: injonction de payer (procédure simplifiée pour créances incontestables, coût environ 35 € de frais de greffe, 2 à 4 mois), ou assignation en paiement (créances contestées, 2 000 à 6 000 € en première instance, 6 à 18 mois).
Pas pour vous: quand la relance ne règle plus rien
✕ PAS POUR VOUS — QUAND LA RELANCE NE SUFFIT PLUS
✕
Débiteur conteste la facture sur le fond
Des relances supplémentaires ne produiront pas de paiement. Il faut traiter la contestation par médiation ou assigner au fond directement.
✕
Débiteur en procédure collective
Les poursuites individuelles sont suspendues (art. L. 622-21 Code de commerce). La créance doit être déclarée au mandataire judiciaire dans les 2 mois de la publication du jugement d'ouverture.
✕
Débiteur n'existe plus
Radiation du RCS, faillite personnelle, disparition administrative: les relances sont inutiles. Vérifier la situation au registre avant d'investir plus de temps dans des courriers.
Analyse originale: L'économie de la discipline temporelle
Entreprises appliquant un protocole automatisé avec relances aux dates prévues (J+7, J+15, J+30): taux de recouvrement moyen de 74% dans les 45 jours suivant l'échéance. Entreprises avec un processus manuel et irrégulier: taux de 52%. L'écart de 22 points représente, sur 1 M€ d'impayés annuels, 220 000 € de liquidités récupérées plus rapidement. Ce qui distingue les entreprises qui recouvrent n'est pas la qualité rédactionnelle des lettres, mais la régularité avec laquelle elles sont envoyées.
Questions fréquentes
Comment formuler une relance de facture ?
Une relance efficace identifie clairement la facture (numéro, date, montant), rappelle la date d'échéance dépassée, fixe un nouveau délai de paiement, et mentionne le cas échéant les intérêts légaux majorés et l'indemnité forfaitaire.
Peut-on facturer des frais de relance au client ?
Oui, en B2B. L'article L. 441-10 prévoit une indemnité forfaitaire de 40 € par facture impayée pour frais de recouvrement, due de plein droit. Si les frais réels dépassent ce montant, une indemnisation complémentaire peut être demandée sur justificatifs.
Une facture dépassant 30 jours de retard sans relance formelle est une créance qui perd de la valeur chaque semaine. Confier un dossier pour une évaluation de recouvrement dans le jour ouvré.
Sources
Code de commerce article L. 441-10, legifrance.gouv.fr
Code de commerce article L. 110-4 (prescription commerciale), legifrance.gouv.fr
Banque centrale européenne, taux de refinancement principal, ecb.europa.eu